Parmi mes collègues de la génération X, les discussions sur les défis du travail avec la jeune génération abondent. Mais qu’est-ce qui fait marcher la collaboration intergénérationnelle ?

Lorin Gresser CEO Dem DxC’est là que je me suis tournée vers Lorin Gresser, PDG de la Génération X de Dem Dx, et Andy Davis, le Directeur UX et Marketing de la Génération Y pour en apprendre plus sur leur culture d’entreprise et leurs pratiques. Dem Dx est une application de diagnostics médicaux utilisée par les étudiants en médecines et les docteurs dans plus de 150 pays. À travers Dem Dx, les étudiants en médecine et d’autres professionnels de la santé, dont les infirmières, puisent dans l’expertise médicale d’experts chevronnés pour améliorer leurs diagnostics.

« Nous (Dem Dx) pouvons potentiellement sauver des vies. »

Ils m’ont expliquée ce qui fait de leur collaboration un succès.

La Communication Intergénéraionnelle
Clés du Succès

1. Reconnaître leur interdépendance pour atteindre un but commun

Lorin Gresser (LG) : « Notre application regroupe des expertises médicales d’experts aguerris et les met à disposition de la plus jeune génération. Les deux générations ont besoin de comprendre et de croire en notre mission.

Il est essentiel que notre équipe comprenne l’état d’esprit de la plus jeune génération puisque c’est elle qui utilise l’application. C’est sans cesse un défi pour moi…. Mon enfant de 13 ans est plus en phase que moi avec la manière dont mon équipe réfléchit ! Notre travail réside plus dans leur monde que dans le mien.

Leurs compétences ne sont pas les nôtres. On a besoin l’un de l’autre.

Leurs compétences ne sont pas les nôtres. Pour faire notre travail, nous devons le faire à leur manière ; nous (la génération X) n’aurions jamais pu faire tout ça seuls. Ils (les générations Y & Z) n’auraient jamais pu accéder à l’expertise médicale seuls. On a besoin l’un de l’autre.

Tirer de la force de sa vulnérabilité

D’un point de vue pratique, ça signifie reconnaitre les limites de son propre savoir. Il n’y a pas de place pour les faux-semblants. Je demande : « Tu vas devoir aller plus lentement. Montre-moi. » Ça doit être super frustrant pour eux de devoir tout expliquer – et ça demande forcément un respect mutuel.

Ca signifie reconnaitre les limites de son propre savoir. Il n’y a pas de place pour les faux-semblants.

Rire et Apprendre Ensemble

Et un bon sens de l’humour aide à créer du lien. On a une structure organisationnelle très horizontale et notre prise de décision est collaborative. Ce processus de décision reflète les interdépendances et la diversité des compétences. »

Utiliser le Pouvoir du Lien

Le PDG a le pouvoir de dévier les rapports de force.

Andy Davis (AD):  « Le PDG a du pouvoir… le pouvoir de licencier bien sûr, mais surtout la capacité de dévier les rapports de force. On discute. On est tous des êtres humains avec des idées précises. On y aspire et on trouve ensemble la meilleure façon d’avancer.

On s’écoute ; quand une personne n’est pas contente, l’équipe n’est pas contente. Ça fait partie intégrante de la culture connectée des start-ups.

Quand une personne n’est pas contente, l’équipe n’est pas contente.

Se Rejoindre sur les Grandes Idées

Je crois dans les grandes idées. Dem Dx peut potentiellement aider à sauver des vies. Dans notre recrutement, nous recherchons des gens qui se sentent concernés par le problème que l’on essaie de résoudre et qui cherchent à résoudre des problèmes. On essaie de permettre aux gens internes et extérieurs à la société d’être au maximum de leur potentiel. »

Je crois dans les grandes idées. Nous recherchons des gens qui se sentent concernés par le problème que l’on essaie de résoudre et qui cherchent à résoudre des problèmes.

2. Orienter sciemment la communication

Gresser et Davis sont tous les deux d’accord pour dire que la communication intergénérationnelle peut être compliquée et demande une traduction culturelle intentionnelle. Coopérer totalement avec une autre personne est 100/100… pas 50/50 !

Canaliser les communications à travers les interprètes des générations

LG : « Je suis un entre-deux pour ces générations. Je suis en contact avec les experts médicaux. Mon équipe est composée d’experts de la plus jeune génération – à la fois en termes de la technologie d’aujourd’hui et de la manière dont le savoir et l’information sont consommés. »

Construire des passerelles relationnelles

AD : « La communication peut être si facilement mal interprétée. Je recommande de trouver le pont entre les générations. Ce lien peut être une personne, quelqu’un qui a conscience qu’il y a un manque de connaissances.

Assurer le consensus autour des Principes

On ne peut pas supposer que tout le monde comprenne. Notre génération fonctionne tellement à l’intuition. On a besoin d’expliquer le « pourquoi » et le processus de réflexion qui est à la base de nos intuitions. »

LG : « Pour les décisions au jour le jour, je peux comprendre le concept. Le reste je le leur laisse. Une fois que je suis d’accord sur le principe, je leur laisse la logistique et la mise en place. »

AD : « On doit expliquer nos intuitions.  Parmi la jeune génération, il y a un manque de compréhension de la psychologie humaine, de comment les gens pensent.

J’encourage l’équipe à partager les principes, la réflexion derrière leur comportement. Puisqu’on a un manque d’expérience, On doit avoir envie de s’ajuster, d’être prêt à changer.

On ne cherche pas à accuser qui que ce soit. On recherche ce qui pourrait et ce qui devrait être fait. Si on qualifie ce qu’on devrait faire, alors on peut trouver comment arriver à le faire. »

Pour construire des passerelles de communication, on a besoin d’expliquer le « pourquoi » et le processus de réflexion qui est à la base de nos intuitions.

Reconnaitre l’entrepreneuriat comme une passerelle

LG : « Nous n’avons que des entrepreneurs en start-up dans l’équipe. C’est aussi pourquoi c’est une équipe qui marche. Ils sont incroyables. Avides. Curieux. Poussés par l’envie de trouver des solutions et d’accomplir des choses. Motivés par une croyance. Ils n’ont pas peur de travailler. Ils font bouger les choses ! »

3. Instaurer la confiance en se concentrant sur les résultats

Tester les suppositions avec un Testing A/B

AD : « Les plus jeunes générations fondent tellement leurs prises de décisions sur l’intuition. On a des suppositions et on répond à nos sentiments ; on est la génération mobile. Pour vérifier qu’on fait bien les choses, on mesure.

On teste tout et souvent selon la méthode A/B.

Bien sûr, on fait nos propres recherches aussi et on justifie nos décisions. On fait des recherches sur les meilleures pratiques et sur nos clients. On inclue nos consommateurs dans le design de nos produits, même dans de grosses décisions comme l’allocation de notre capital.

On a envoyé deux personnes à une conférence. On calcule le retour sur investissement de cet investissement en mesurant le résultat de chaque étape, depuis le nombre de prospects avant le premier contact jusqu’à la conclusion de l’affaire. On suit aussi le temps passé ; ça fait partie de notre cout d’acquisition de clients. »

Définir ensemble ; mettre en œuvre de manière indépendante

LG : « Déléguer sur un certain nombre de points est essentiel quand votre équipe a des connaissances spécialisées plus approfondies que vous – il faut les laisser mener.

On définit les résultats attendus ensemble et on a des réunions planifiées tous les dix jours qui définissent des étapes réalisables. C’est collaboratif et on a des responsabilités.

L’équipe a mené le recrutement pour notre dernière embauche. Je n’ai aucun moyen de juger de ce qu’est un bon développeur. Ils m’ont tenu au courant du statut. Mon rôle était de savoir si le candidat était un bon « fit ». »

4. Se concentrer sur les solutions, non sur les reproches

Ecouter… Encore et Encore

LG : « Tout le monde a besoin de quelqu’un qui sait écouter. L’équipe est incroyable : il n’y a aucun problème. On n’a jamais de « Oh, ça n’a pas marché ! », au contraire, on est toujours focalisé sur les solutions. Comment allons-nous résoudre ça ?

On évite la paperasse et la politique. »

Engager des contributeurs

Mon but est de responsabiliser les gens, mes collègues, pour qu’ils responsabilisent d’autres gens, comme nos clients.

AD : « Quand on fait passer un entretien, je demande d’abord à ce que l’on comprenne le candidat en tant que personne. On veut travailler avec quelqu’un de bien, quelqu’un qui prend soin de lui et des autres.

Ensuite j’examine son éthique de travail en demandant ce qu’ils attendent de leur travail et de leur vie. On embauche pour le long terme, pas juste deux ans. Donc j’étudie comment ils définissent leur prochaines étapes et comment ils espèrent y arriver.

Mon but est de responsabiliser les gens, mes collègues, pour qu’ils responsabilisent d’autres gens, comme nos clients par exemple. On tient à résoudre les problèmes et le problème que l’on résout pour nos utilisateurs nous importe. »

Merci

Merci Lorin Gresser et Andy Davis pour avoir partagé votre passion et vos conseils. Vous nous encouragez à développer de la coopération entre les générations à travers

  • L’humilité d’admettre que les autres peuvent avoir raison
  • La soif d’apprendre
  • L’espoir de trouver des meilleures solutions ensemble

Que vous vous épanouissiez lorsque vous apporter l’expertise des plus âgés aux jeunes médecins à travers le monde.

 

Pour nos lecteurs, quelles sont les grandes idées dans lesquelles vous croyez ? Quels défis de communication intergénérationnelle éprouvez-vous ? Faites-le nous savoir dans les commentaires.

Cover photo by Carlo Navarro on Unsplash

Posted in Post Francais

What do you think?

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.