Cette semaine j’ai assisté à une conférence de Muriel Penicaud, la ministre française du travail, qui traitait de l’égalité des sexes.

Penicaud a poursuivi en exposant une étude de cas pour cette question d’intérêt mondial. Elle a cité des initiatives du gouvernement français qui visent à encourager les femmes dans des fonctions de direction et à réduire l’écart salarial entre hommes et femmes. Elle a partagé des exemples d’entreprises qui avaient mis en place l’égalité de salaires et la vitalité et l’engagement qui en avaient résulté de la part de tous les employés.

Alors pourquoi est-ce que ma main a été une des premières à se lever pendant les Questions/Réponses ?!

Voici quelle était ma question :

« Dans l’introduction, l’égalité des sexes était présentée comme un sujet qui tenait à cœur à Madame Pénicaud. Pour une question aussi globale qui a également une portée économique importante, est-ce que ça ne devrait pas également être un sujet qui tienne à cœur aux hommes ? »

« J’en prends note », a répondu le modérateur, et la discussion est passée à autre chose.

Vous, moi, et n’importe qui peut rabaisser nos arguments et distancer les auditeurs avec des paroles bien intentionnés et pourtant inconsidérées.

Nous allons étudier trois faux-pas oraux et comment une légère reformulation transforme ces remarques dégradantes en opportunités pour collaborer et renforcer la discussion.

Pièges de Communication – Les étiquettes

Ne PAS: parler des opinions des autres

« Samira, qui est particulièrement préoccupée par la discrimination religieuse… »

« Voici Jeanne, notre défenseuse de la communication non-violente… »

Ces commentaires sapent la prise de position de la personne en question ET ne donnent pas non plus une bonne image de celui ou celle qui les dit. Ils créent une coupure.

L’intervenant se positionne comme quelqu’un qui ne se sent pas concerné par les questions d’égalité des sexes, de liberté de pensées ou de communication constructive. Ca invite la question suivante : s’intéressent-ils plus à eux-mêmes qu’aux autres ?

La personne dont on parle est mise dans une boîte. Samira et Jeanne pourraient être les meilleures analystes financières ou les marketeuses les plus astucieuses du bureau, cela ne ferait aucune différence puisque les déclarations ci-dessus les ont dépouillées de leurs qualités professionnelles et les ont étiquetées comme « activistes ».

A FAIRE : assumer son avis

Pour la discussion avec la ministre du travail, j’aurais aimé entendre « Notre quatrième sujet est l’égalité des sexes, un sujet qui tient à cœur à Madame Penicaud et à moi-même. »

Prendre position personnellement.

« Je respecte Samira pour son franc-parler en ce qui concerne la discrimination religieuse. »

« Nous devrions tous avoir conscience de nos préjugés inconscients, and j’ai beaucoup appris de Jeanne lorsqu’elle me demande d’en rendre compte. »

Assumer votre point de vue permet de limiter les commérages. Plutôt que d’uniquement parler de Samira et de Jeanne derrière leur dos, désormais vous participez activement à la discussion.

Ca vous entraîne à exercer un leadership. Les bons managers assurent toujours les arrières des membres de leurs équipes. Une culture de la confiance se construit autant dans les interactions du quotidien que dans les décisions stratégiques.

Pièges de Communication – Se Discréditer

NE PAS : Introduire ses idées avec « Je crois que »

« Je crois que nous devrions… »

« A mon avis… »

Si vous le dîtes, vous devriez y croire.

La personnalisation de votre opinion invite les autres à changer le sujet du moment en une question sur VOUS. C’est une rupture avec la chose dont il est question. Tenez-vous en au sujet initial.

A FAIRE : Parler de ce que vous connaissez

Si vous avez des faits et des informations qui mènent à une conclusion, vous apportez de la valeur à une discussion. Partagez-la.

Si vous avez une idée créative et utile, partagez-la. Partagez-la en ayant confiance que vous être un membre contributif à l’équipe. C’est ce pour quoi ils vous ont engagé.

Voici quelques manières de créer du lien dans une discussion de groupe

  • Etablir les faits
    « Joe a dit…… Jane a dit…… Un point commun est…… »
  • Clarifier la perspective
    « Nous n’avons pas encore regardé la situation du point de vue du service client….. »
  • Tester d’abord les idées dans un plus petit groupe ou dans un cadre informel. Les idées se renforcent mutuellement. Plus elles sont partagées, plus elles sont abouties.
    Au déjeuner : « Qu’est-ce que vous pensez (votre idée) ? »
  • Rassembler du courage et exposer sa croyance ou opinion sans introduction
    « Voici une opportunité :…… »

Sinon, restez silencieux et écoutez. Ecoutez réellement. Ca apporte de la valeur.

Pièges de Communication – Se Dérober à ses Responsabilités

NE PAS : Transformer les responsabilités en faveurs

« Je le ferai pour toi quand j’ai fini ce que je suis en train de faire. »

Est-ce que cette personne est en train de faire une faveur à son chef ou à son collègue ?!

J’ai vécu cette situation dans ma vie personnelle cette semaine. Les sacs de courses pleins étaient sur le comptoir et j’ai demandé de l’aide pour ranger les aliments.

« Laisse-moi le temps de finir ça et je t’aiderai avec tes sacs après ». Les sacs de qui ? On a cinq hommes à la maison. Qui va manger la plupart de cette nourriture ?

Que votre équipe soit au travail ou chez vous, tout le monde en bénéficie. Tout le monde a la possibilité de (vs le devoir de) participer à l’effort. On contribue ensemble à chacun.

A FAIRE : Prendre sa part de responsabilité

S’en tenir à la mission.

« Je le ferai quand j’aurai fini. »

Faites votre possible de plein gré.

« Qu’est-ce que je peux faire pour aider ? Qu’avez-vous besoin que je fasse ? »

Mise en pratique

Dans mes formations, les participants vivent des « moments Aha » quand ils découvrent comment leur manière de communiquer crée de la rupture. On construit ces opportunités pour se découvrir soi-même à travers des activités interactives, comme cet exercice d’écoute par exemple :

Deux personnes se font face à trois mètres de distance. La personne A lis des affirmations et la personne B réponds uniquement en avançant (il est motivé pour coopérer avec la personne A) ou en reculant (il se désengage).

Certaines affirmations génèrent des ruptures et la personne B s’éloigne de la personne A. D’autres les rapprochent. Tout le groupe se rend compte comment certaines réponses repoussent les gens tandis que d’autres créent du lien.

Vous voulez plus de coopération dans votre communication ? Laissez-moi un mot et nous engagerons une conversation.

 

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